Eglise Notre-Dame
EGLISE NOTRE-DAME - URVILLE-NACQUEVILLE

Chapelle de Nacqueville
Un patrimoine religieux reconstruit
Une âme retrouvée
Une église pour rassembler


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PRESENTATION DE L'ARTISTE

Henri Martin-Granel réalise à Urville-Nacqueville, entre 1960 et 1961, les 37 verrières de la nouvelle église construite par l'architecte F. Champart.
Sa réalisation, de grande qualité sur le plan artistique et iconographique, s'inscrit pleinement dans son œuvre qui marque indiscutablement l'art du vitrail du XXe siècle.

Architecte et maître verrier, il a participé aux côtés d'architectes français parmi les plus célèbres de l'après-guerre, à la construction d'édifices monumentaux comme Notre-Dame de Royan, Notre-Dame de Bizerte et l'église du Sacré Cœur d'Alger, devenue depuis cathédrale.

H. Martin-Granel sculpte entre 1950 et 1954 le monumental gisant de Saint-Louis en Tunisie et réalise à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le mémorial Delgrès, sous la forme d'un monumental anneau brisé évoquant l'affranchissement des esclaves. C'est au cours de ces mêmes années qu'il participe à la construction de Notre-Dame de Bizerte dont la maîtrise d'œuvre est assurée par son ami Jean Le Couteur, rencontré 15 ans plus tôt à l'Ecole des Beaux-arts de Marseille. Il y réalise alors les vitraux qui marqueront le début d'une longue carrière dans ce domaine.
De fréquents séjours en Afrique du Nord puis en France métropolitaine et en Outre-mer l'ont conduit à renouveler sans cesse son œuvre artistique. II a pris en compte les contraintes particulières liées à l'architecture et à la lumière, mais a aussi intégré les nouvelles techniques de travail, tout en s'imprégnant de différentes sensibilités.

L'Artiste s'est éteint l'été 2008 à Sauve dans le Gard . (Hommage par Rémi Desalbres en octobre 2008)

L'ARBRE DE JESSE

Le songe de Jessé

Situation : Chapelle sud-ouest

Iconographie : Jessé allongé, maintient sa tête dans sa main droite. Les yeux ouverts, il songe à sa descendance qui prend la forme d'un arbre.

Pour chaque commande liée à un édifice religieux, H. Martin-Granel fait don d'un vitrail représentant la Vierge. Ce vitrail est intégré ici dans la verrière de cette chapelle qui était dédiée à Marie.

Technique : Technique traditionnelle de la dalle de verre.


La descendance

Situation : Façades sud et nord de la nef et du chœur liturgique

Iconographie : Les Ramifications de l'arbre de Jessé, sous la forme de branches de pommiers de Normandie, prennent au niveau du chœur des couleurs de plus en plus chaudes. Dans la succession des saisons, elles mènent à la représentation de la Vierge à l'Enfant

Technique : Technique traditionnelle de la dalle de verre


La Vierge à l'Enfant

Situation : Façade est, baie d'axe du sanctuaire

Iconographie : Vierge assise dans son trône céleste tenant dans ses bras l'enfant Jésus, sauveur de tous les hommes, représenté ici en noir (L'artiste exprime aussi son attachement pour l'Eglise d'Afrique).
Le personnage du Christ est muni du nimbe crucifère. La Vierge est représentée dans les tons bleus.

Technique : Henri Martin-Granel se sert de la laitance de ciment restant à la surface du verre après le coulage du réseau, comme nouvelle interprétation de la grisaille. A l'aide d'une brosse, cette « peinture au ciment », dont l'adhérence a été préalablement étudiée et recherchée par l'artiste, permet de cerner les formes et de rendre le modelé, notamment pour le voile bleu et le visage de la Vierge. Par la technique de l'enlevé, la dalle de verre offre alors de nouvelles possibilités dans la recherche de la précision et du raffinement.

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LES SAINTS PATRONS DES COMMUNES RATTACHEES

Saint-Laurent

Situation : Façade est, sanctuaire

Iconographie :

- Martyr de Saint-Laurent en 258 par le supplice du gril.
- Saint patron de l'ancienne église de Nacqueville.

Technique : voir « Vierge à l'Enfant »

Saint-Martin

Situation : Façade est, sanctuaire

Iconographie :

- Saint-Martin (fin du IVème siècle), soldat, offrant la part du manteau qui lui appartient, au pauvre grelottant.
- Saint patron de l'ancienne église d'Urviile.

Technique : voir « Vierge à l'Enfant »


L'EGLISE AU TEMPS DE LA CONSTRUCTION

Situation : Façade sud du sanctuaire

Iconographie :

- Armoiries du pape Jean XXIII
- Armoiries de l'évêque du diocèse, Mgr Guyot.

Phylactère : « Je suis Guyot, berger de ce troupeau »

Technique : Technique traditionnelle de la dalle de verre.

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LE SYMBOLE DES PREMIERS CHRETIENS : L'ICHTUS GREC

Situation : Escalier d'accès à la tribune

Iconographie : Poisson nageant dans l'eau : ICHTUS dont les lettres sont les initiales en grec de « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur ».

Technique : Le poisson est réalisé à l'aide de petits morceaux de dalles de verre aux surfaces lisses disposés dans le plan de la verrière. A l'image d'écailles de différentes tailles, ils donnent à l'animal un volume.

Des verres fins, de type verre « cathédrale », sont placés de champ pour le rendu des nageoires, c'est à dire perpendiculairement au plan du vitrail. Cette innovation artistique et technique d'importance développée par Henri Martin-Granel lui permet de représenter le plus souvent l'Eau, si présente dans la symbolique chrétienne. Le scintillement et l'éclat du verre disposé ainsi, donnent ici de nouvelles façons d'appréhender, de diffuser et de transformer la lumière. Le verre offre ainsi une valeur non seulement plus forte dans la composition générale de l'œuvre, mais aussi différente selon l'endroit où l'on se place.
Cette nouvelle technique vaudra à H. Martin-Granel d'être retenu en 1956 pour la construction de l'église Notre-Dame de Royan ; œuvre majeure du XXème siècle, de l'architecte G. Gillet, premier grand prix de Rome et de l'ingénieur B. Lafaille.

L'eau est aussi traduite dans sa troisième dimension par la présence de verres taillés par percussion à l'aide d'une marteline (marteau à deux tranchants) ou par pression sur un coin en fer. Pour assurer un bon sertissage par le béton et pour mieux jouer avec la lumière, les arrêtes de chaque morceau de verre épais sont alors éclatées. Taillé comme une pierre précieuse, le verre offre ainsi plusieurs plans qui jouent différemment avec la lumière.

LE PORCHE AJOURE

Situation : Façade occidentale

Iconographie : Evocation du soleil couchant, de couleurs rougeoyantes. A l'image des grandes roses occidentales, cette verrière, émie circulaire, se prolonge en extérieur par des lambris rayonnants de la voussure du portail. Véritable « tympan de lumière », cette verrière éclaire largement la tribune sans pour autant apporter trop de lumière dans le reste de l'édifice.

Technique : L'artiste développe ici la formule du claustra qu'il a utilisé deux ans plus tôt, à l'image des moucharabiehs, pour l'église du Sacré-Cœur d'Alger (actuelle cathédrale) construite de 1958 à 1961 par les architectes P. Herbe et J. Le Goûteur. Les deux modules préfabriqués en béton de formes cylindriques prennent en sandwich la dalle de verre. Selon l'angle de vue et le parcours du soleil, la lumière colorée se révèle alors aux fidèles de façon directe ou par projection sur le béton, subissant ainsi une deuxième transformation. « Dans la sculpture, c'est le parcours du spectateur qui fait découvrir le jeu des volumes ; ici, c'est la lumière qui fait changer l'espace aux yeux du fidèle immobile », note son fils François Martin-Granel dans une note rédigée à l'occasion d'une exposition sur la sculpture en verre. Cette fusion entre l'art du vitrail et celui de l'architecture s'exprime par le fait que le vitrail appartient ici à la structure même de l'édifice et n'est pas pensé comme simple clôture. Les ombres, les parties noires, qui dans le vitrail classique n'ont de valeur que par rapport au dessin, s'intègrent maintenant dans la trame générale de l'édifice.

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TECHNIQUES ET MATERIAUX / GENERALITES

La dalle de verre :
De 18 à 20 mm d'épaisseur, 7 couleurs se détachent de l'œuvre d'Urville-Nacqueville : jaune, vert d'eau, bleu, mauve, blanc, rouge et brun. Henri Martin-Granel a toujours préféré la production nuancée d'un artisan à celle des grands manufacturiers. Albertini, dont l'atelier se trouve toujours à Montigny-lès-cormeilles (95), lui fournira les verres des vitraux d'Urville-Nacqueville. Pour traiter un détail comme l'œil, par exemple, ou pour suggérer la profondeur, l'artiste va extraire d'une dalle de verre un morceau qui présente une veine ou un dégradé particulier.

Le verre « cathédrale » :
verre utilisé ici pour le seul vitrail du poisson et positionné de champ.

Le réseau en mortier de ciment :
Henri Martin-Granel a porté une grande attention aux caractéristiques mécaniques des mortiers de ciments qu'il emploi. Sur les conseils de spécialistes des établissements « Lafarge », il a donné à ses mortiers des qualités propres à chaque réalisation, par l'adition de différents adjuvants. Un dosage soigneusement respecté lui a permis de réaliser des verrières capables de résister à des pressions importantes, ceci alors même qu'il limite les armatures métalliques au seul cadre du panneau, à la différence de ses confrères qui arment l'ensemble du treillis. Seule exception dans son œuvre : la chapelle de la prison de Valenciennes où il enrobera des aciers dans la trame de briques creuses des verrières !

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sOURCES DOCUMENTAIRES

- Archives départementales de la Manche :

cote 174 W 55-56 : dossier dommage de guerre,
cote 300 J 221

- Archives privées Champart

- Archives privées Martin-Granel

- Alexandre Boivin,

- L'église d'Urville-Nacqueville : note paroissiale de présentation de l'édifice, 2001.

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Rémi Desalbres (Architecte du patrimoine)
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